Critique : « Harvey Milk », un film de Gus Van Sant

Harvey Milk De Gus Van Sant Avec Sean Penn, Josh Brolin, Drame

Affiche du film Harvey Milk

Basé sur une histoire vraie, le film retrace l’ascension sociale et politique d’Harvey Milk, jeune militant gay de San Francisco, qui deviendra le premier homme politique homosexuel élu aux Etats-Unis. Son combat pour la tolérance et la liberté dans un pays très puritain comme les Etats-Unis lui coutera la vie.

Un docu-fiction intimiste

Tout commence sur des images d’archives en noir et blanc, qui, à défaut d’être réelles et poignantes par leur violence, permettent aux spectateurs d’entrer directement dans l’œuvre de Gus Van Sant : le film se verra tourné comme un documentaire et non pas comme un classique bio-pic. Et ce choix s’avèrera pertinent. Tout au long du film, les images fictives du film se mélangeront aux images historiques réelles grâce à un intelligent fondu qui permettra au récit d’acquérir une dose extrême de réalisme. Et cette immersion fera d’Harvey Milk un film poignant et émouvant.

L’émotion est, au-delà du réalisme accordé aux différents évènements, renforcée par le choix de faire du film un récit très intimiste du personnage. Car en plus de sa vie politique et donc publique, Gus Van Sant a voulu montrer aux spectateurs la vie sentimentale et la complexité des rapports sentimentaux qu’Harvey Milk a eu avec ses différents partenaires. Le film nous montre ainsi que cette complexité relationnelle est paradoxalement générée par le succès politique : ce succès fera donc passer la vie sentimentale d’Harvey Milk au second plan.

Des acteurs phénoménaux

Phénoménal est bien le terme exact. Récompensé par l’oscar du meilleur acteur en 2009, Sean Penn est complètement métamorphosé dans son rôle. Tout est fidèle au personnage interprété, la transformation physique étant totale : les mimiques, la voix et la posture permettent à l’acteur une union flamboyante avec Harvey Milk. Les autres protagonistes ne sont pas en reste, avec un casting particulièrement savoureux : Emile Hirsch et James Franco dans le rôle d’homosexuels convaincants, ou encore Josh Brolin dans le rôle du sénateur Dan White. Rien n’est surjouer et tout parait naturel et parfaitement limpide.

Un film dans l’air du temps

Après tant d’éloges, quels reproches pouvons-nous adresser au film ? Incontestablement son manque de risques. En effet, le film repose sur une réalisation très conventionnelle, bien différente de ce que Gus Van Sant nous avait précédemment habitué avec ses derniers films (voir : Elephant). Cependant, au vu du thème abordé, cette réalisation très classique parait tout de même inévitable, même si un peu plus de fantaisie n’aurait pas été un luxe. En étant une ode à la tolérance et à la diversité, il est clair que le film reste dans l’air du temps, surfant sur la vague « Obama Mania »; et manquant indéniablement de fraicheur. Très étonnant de la part de Gus Van Sant, je vous l’accorde.

Bruno R.

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