« Nous York », un film de Géraldine Nakache et Hervé Mimran

Nous York De Géraldine Nakache et Hervé Mimran Avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Manu Payet,  comédie

On prend les mêmes et on recommence. Deux ans après l’étonnant Tout ce qui brille, qui permit notamment à Leïla Bekhti de décrocher le césar du meilleur espoir féminin et de définitivement lancer sa carrière, Géraldine Nakache et Hervé Mimran s’associent de nouveau pour Nous York, une comédie sentimentale qui utilise la même recette qui a fait le succès de leur précédent film, à savoir de l’amitié, de l’amour, de l’humour populaire, le tout saupoudré d’un peu de social. Hélas, si l’idée paraissait intéressante sur le papier, le résultat peine à convaincre tant le film souffre, que ce soit dans ses mécanismes ou dans son écriture, d’une incroyable superficialité.

Nous York raconte l’histoire de Michaël, Nabil et Sylvain, trois parisiens qui viennent retrouver à New-York Gabrielle et Samia, des amies d’enfance, qui y vivent depuis deux ans. Mais le séjour, qui s’annonçait idyllique, va rapidement donner lieu à de multiples tensions entre les membres du groupe qui vont profiter de ce rare rassemblement pour régler leurs comptes. Si le scénario reste très convenu – peu étonnant quand on fait un listing rapide de son casting bankable destiné à public précis –, c’est surtout son manque total d’enjeux qui étonne. Durant l’ensemble de son déroulement, le film expose une multitude de situations faussement émouvantes, mais réellement creuses. Tout en étant caricaturées au possible, les situations dramatiques sont exploitées d’une manière si grossière que l’on se demande si le film n’a pas été réalisé à la va-vite, comme s’il était soumis à un calendrier serré – mention spéciale à une incroyable séquence filmée en contre-jour, absolument hideuse et surement involontaire (du moins, on l’espère).

Aucun des thèmes classiques de la comédie sentimentale ne nous est épargné: le conflit entre les meilleures amies du monde, les problèmes financiers liés à l’origine sociale des personnages – origine représentée par les banlieues, évidemment –, la mort d’un proche ou encore la relation mère-fille mise à mal par la distance. Ce n’est pas tant la présence de ces micro-évènements qui pose problème, mais plutôt l’insignifiance de leurs aboutissants: tout est plat, incolore, inodore, sans saveur ni conséquence scénaristique particulière. Exemple parmi tant d’autres de ce manque cruel de profondeur, la rencontre amoureuse (et ridicule) que fait, sur un trottoir au milieu de la nuit, le personnage interprété par Manu Payet.

Pour autant, il paraît difficile d’en vouloir aux réalisateurs de s’être expatriés aux Etats-Unis, et plus particulièrement à New-York, tant la ville jouit d’une image et d’une réputation qui en font l’un des décors les plus riches et utilisés de l’histoire du septième art. Confronter ses multiples symboles – taxis jaunes et autres marchands de hot-dogs ambulants – aux écarts de comportements de trois banlieusards au caractère volontairement caricatural était d’ailleurs une excellente idée qui aurait pu produire d’exquises situations burlesques. Malheureusement, l’humour se limitera à un vulgaire comique de répétition digne d’une comédie pour ados. Blague phare du film, le cri de guerre « Obama » que les amis s’amusent à crier au réveil, à midi et en soirée. Evidemment, nous avons aussi droit au français – interprété par le sosie de Ramzy Bédia – ne savant pas dire un mot d’anglais et qui commencera toutes ses phrases par « To the » – ce qui fera rire to the américains. Nous avons vu plus drôle.

Bruno R.

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