Critique : « Orange mécanique », un film de Stanley Kubrick

Orange mécanique De Stanley Kubrick Avec Malcolm McDowell, Patrick Magee, Drame

Affiche du film Orange mécanique

Adepte de l’ultra-violence, de l’alcool et du sexe, Alex DeLarge est un jeune délinquant au tempérament tyrannique. Avec sa bande, ses drugs comme il en appel ses membres, il pratique l’art de la jubilation et est à la recherche perpétuelle du plaisir hédoniste. Cette recherche va l’amener vers de lointains chemins où seule la réalité de l’existence est maitresse.

Une mise en scène exemplaire

Attention chef d’œuvre. Près de 40 ans après sa sortie en salle, Orange Mécanique fait partie de ces œuvres intemporelles qui ont marqué à jamais l’histoire du cinéma au fer rouge, ou orange dans notre cas. Pourquoi de telles éloges ? Tout simplement parce qu’Orange Mécanique, dirigé par un Stanley Kubrick monumental, est tout ce qu’un film doit être : beau à regarder et plaisant à écouter avec un scénario et des personnages travaillés et rempli de dialogues et de scènes cultes. Le tout calqué sur une interprétation à la fois philosophique et politique de la conventionalité des valeurs du bien et du mal.

Quand violence rime avec beauté

Plus précisément, parlons tout d’abord de la forme du chef d’œuvre. Ici, tout est signé Stanley Kubrick : les plans sont remarquables, le travelling est bien présent et la musique joue un rôle prépondérant dans la mise en scène. Cette musique, qui a comme racine la neuvième symphonie de Beethoven, est d’ailleurs utilisée d’une manière qui pourra en choquer plus d’un : comment allier cette ultra-violence à cette beauté pure qu’est l’œuvre de Beethoven ? Pourquoi un tel choix ? Pour l’immersion, tout simplement. Tout ici nous est présenté comme Alex le voit : la violence est comme une danse, tout est orchestré et tout est « beauté ».

Cependant, cette « beauté » reste troublante et souvent choquante. Là est aussi la force du film : savoir mélanger les différentes perceptions et les différents points de vue dans une seule et même scène.

Quand le bien nous est dicté par la société

Le bien et le mal forment le fil conducteur du récit à travers le personnage d’Alex. Ce dernier, adepte avoué de l’hédonisme, incarne le stéréotype parfait de l’homme que la société des temps modernes, aux couleurs vives et flashy, a réussi à créer grâce à ses perversions. D’où le titre du film. Stanley Kubrick, fidèle à l’ensemble de sa filmographie, a ainsi voulu critiquer cette société perverse qui a fait de l’homme un être sadique et mauvais. Mais ce mal, incarné par Alex, ne serait-il pas un choix rationnel de l’homme, la société n’étant que le reflet de son image ? Comment rendre alors ces personnes immorales en personnes morales et obéissantes ?

Une critique politique

C’est ici que Stanley Kubrick propose une forte critique du pouvoir politique et de sa recherche absolue de la sécurité au détriment de la liberté de l’individu. Jusqu’à quel point pouvons-nous aller pour assurer la totale sécurité de la population ? Les méthodes scientifiques déshumanisantes, ayant pour but de rendre l’individu obéissant, sont ainsi fortement attaquées. Il en va de même pour l’instrumentalisation religieuse et politique.

Orange Mécanique reste ainsi encore et toujours d’actualité près de 40 ans après sa sortie. A la fois politique, satirique et philosophique, Orange Mécanique est une œuvre polymorphe qui impose le respect et l’admiration.

Bruno R.

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