Critique : « The box », un film de Richard Kelly

The box De Richard Kelly Avec Cameron Diaz, James Marsden, Thriller

Affiche du film The box

Réalisé par Richard Kelly, The box fait partie de ces films dont le scénario sort de l’ordinaire. Adapté du roman de Richard Matheson (Button, button), The box est l’histoire intrigante d’un jeune couple découvrant devant sa porte une mystérieuse boite. Cette boite, aux lignes épurées et classieuses, disposent d’un incroyable pouvoir : sur sa face supérieure, un bouton de couleur rouge passion permet, sous sa pression, de tuer une personne au hasard dans le monde. En échange d’un million de dollars.

Le synopsis était particulièrement attirant, notamment grâce à l’importante dose de mystères dont il est composé. Malheureusement, le film, malgré un aspect visuel plutôt intéressant, est d’une absurdité délétère et d’un ennui déplorable.

Une première partie intéressante

La principale force narrative du film est son importante capacité d’immersion. Dès les premières minutes, le spectateur est en effet happé dans l’histoire avec une extrême efficacité. Il faut dire que tout est mis en œuvre pour créer l’effet escompté : les personnages, facilement identifiables, jouent le rôle de communion entre le spectateur et la situation exposée. Face à celle-ci, comment aurais-je réagi ? Un million de dollars méritent-ils la mort d’un être humain, même inconnu ? Des questions que le spectateur osera se poser tout au long du déroulement scénaristique.

Cette situation à la fatalité inéluctable est ainsi très bien exposée. Le couple, interprété par Cameron diaz et James Marsden, est touché par cet évènement d’une manière particulièrement brutale. Le contraste créé par leur comportement, fort réaliste, avec l’ambiance générale du film, très mystérieuse, est véritablement saisissant et permet un réel intéressement.

Cette ambiance repose d’ailleurs sur un procédé finalement assez simple : une image floutée aux contrastes élevés qui créés des couleurs vives et éclatantes, et une bande sonore composée de mélodies intrigantes qui parviennent à suspendre le temps présent afin de créer une tension palpable ; tension qui matérialise le ressenti du couple et donc du spectateur. L’effet est saisissant et surtout méritant : plutôt risqué, dans le sens où il dénature intégralement l’image, il parvient néanmoins à la styliser avec un brio indéniable.

Cependant, cette première partie, prémices d’un drame inéluctable, n’est pas exempt de défauts. Certaines réactions sont parfois étonnantes et surjouées de la part des acteurs. Tout comme des répétitions évitables sont à signaler, le film prenant en effet un certain temps avec de s’emballer définitivement. Car le film va effectivement s’emballer dans un tourbillon de désordres et d’incompréhensions déguisées en inventions virtuoses mais surtout perverses.

Un propos moralisateur maladroit

Contre toute attente, le film va sombrer dans un obscurantisme pseudo-philosophique profond. En effet, les conséquences de l’acte irréversible réalisé par le couple, à savoir appuyer sur le bouton, seront une suite d’évènements sans grands sens et difficilement compréhensibles. Le réalisateur a peut-être oublié que trop de mystère tue le mystère. Les évènements s’enchainent ainsi maladroitement et bien trop rapidement. Le spectateur sera alors perdu dans un labyrinthe de portes qui resteront à jamais entrouvertes. Avec ses nombreuses références religieuses, The box est un film qui n’arrivera jamais à surpasser son sujet en le présentant d’une manière particulièrement vulgaire. Mélangé à des effets spéciaux souvent grotesques, le film a paradoxalement un coté nihiliste des plus déplaisants. Et surtout particulièrement ennuyeux. La déception est d’autant plus grande que le déséquilibre entre le début du film et sa suite est énorme car après vingt premières minutes travaillées, The box devient bâclé et profondément réducteur. La rédemption est présentée maladroitement, la morale – la perversion monétaire – est d’une banalité affligeante et le pitch final est d’un ridicule rarement atteint. Tout comme ces révélations, notamment sur l’identité de certains personnages, qui n’en sont pas tellement celles-ci, par leur absurdité, sont peu convaincantes. La dernière heure du film se perd ainsi dans une multitude d’embronchements fades et complexes à la crédibilité tout simplement nulle.

The box est un film raté. Maladroit dans le traitement de son intrigue, pervers dans sa morale primaire, le film de Richard Kelly est d’un déséquilibre exorbitant. Dommage, car le synopsis et la réalisation sont d’une qualité certaine mais le tout est bien trop schizophrénique pour réellement convaincre.

Bruno R.

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