« The Host », un film de Bong Joon-Ho

The Host De Bong Joon-Ho Avec Song Kang-Ho, Bae Doona, Fantastique, Drame

Affiche du film The host

Il y a des films qui marquent leur décennie. Ce sont des films qui excellent dans l’universalité de leur domaine, des films magiques et uniques, qui transportent le spectateur comme rarement dans un tourbillon de sentiments, passant par la haine, l’amour, la joie. The Host en fait inéluctablement parti.
Il est vrai que, scénaristiquement parlant, The Host n’a rien de la folie énoncée plus haut. Un monstre, créé « accidentellement » par l’homme, terrifie les habitants de Séoul. Mais ce scénario terne, digne de « Godzilla », est miraculeusement mis en scène par un artiste du nom de Bong Joon-Ho, auteur désormais célèbre de Memories of murder et du récent Mother. Et Bong Joon-Ho va réussir l’impossible : faire d’un énième film de monstre un chef d’œuvre. Car ne cédons pas à l’autocensure et à la peur des mots : The Host est incontestablement un chef d’œuvre du septième art.

Une forme généreuse

Beau, The Host l’est assurément, la mise en scène étant une réussite parfaite. Là où Boog Jooh-Ho réussit un tour de force est qu’il arrive à transformer le laid en beau. Cette transformation se traduit par des plans merveilleux, recherchés et photographiques. Elle se traduit par des couleurs vives et éclatantes, synonymes d’émerveillement visuel, de voyage et de saveur. Cette transformation se traduit par un rythme frôlant la perfection, où chaque scène est millimétrée et précise, sans ajouts inutiles. La bande-sonore, à la fois par son dynamisme et sa mélancolie, parvient aussi à faire voyager avec la plus grande des facilités le spectateur.

Une richesse émotionnelle rare

Émouvant, The Host l’est assurément. A travers le regard pauvre et naïf d’une famille coréenne aux membres de génération différente, le spectateur sera traversé par un flot d’émotion, allant de la joie à la colère en passant par la tristesse. La joie, en assistant à une leçon d’humanisme où le grotesque prend le dessus sur le tragique. La colère, en étant témoin d’incroyables mais réalistes évènements révoltants. La tristesse, en regardant, patiemment et faiblement, la fatalité d’une quête perdue d’avance. Le tout servi par des acteurs remarquables de naturel et de limpidité.

Réussi, The Host l’est donc assurément. L’œuvre de Bong Jooh-Ho assure ce que beaucoup de films ne peuvent plus assumer aujourd’hui : l’émotion. Le cinéma coréen confirme avec mention sa forte richesse créative.

Bruno R.

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