Critique : « Une exécution ordinaire », un film de Marc Dugain

Une exécution ordinaire
De Marc Dugain
Avec André Dussollier, Marina Hands
Genre: Drame

Affiche du film Une exécution ordinaire

Automne 1952. L’heure est proche pour Staline et ce dernier en prend enfin conscience. Il décide d’engager un nouveau docteur, Anna, qui se distingue par ses pratiques médicales: Anna est une adepte du magnétisme. Cette jeune femme, qui cherche désespérément à tomber enceinte de son mari, va devoir tout sacrifier pour répondre aux demandes incessantes de Staline.

Une exécution ordinaire est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Marc Dugain, qui est aussi le réalisateur du film. L’auteur va donc pouvoir transposer ses écrits en images comme il les avait imaginés. Drôle d’exercice pour un premier film. Car oui, comme peut le montrer la réussite critique et commerciale du roman, Marc Dugain est un bon écrivain mais cela ne fait pas de lui un bon réalisateur. Ce dernier a ainsi choisi des plans très classiques et très sobres. Certaines scènes paraissent ainsi longues et sans réels intérêts, notamment à cause d’un rythme trop mou. Il en va de même pour les musiques qui, certes collent parfaitement à l’ambiance du film, mais qui ne font que l’enfoncer dans l’antre des oeuvres vite vues, vite oubliées. De plus, dans les moments tragiques, nombreux dans le film, ces musiques là n’arrivent pas à assurer leur rôle premier : accentuer l’émotion du spectateur.

Emouvoir le spectateur. Voila le principal objectif que le film n’arrive pas à assumer. La faute à cette réalisation trop simple, trop académique ? Pas totalement. La faute aussi et surtout à des acteurs beaucoup trop médiocres. Marina Hands dans le rôle d’Anna, n’arrive pas à ressentir les émotions très fortes du personnage. Emotions qui sont d’ailleurs diverses : émotions affectives (incapacité de tomber enceinte, quitter son mari et son travail) et émotions d’anticipations (peur de Staline, peur de l’avenir). La première rencontre avec Staline est d’une triste banalité par exemple. André Dussollier, qui incarne ce Staline à la dérive, n’est, au-delà de son incroyable métamorphose, pas non plus très convaincant : il n’arrivera jamais à impressionner Anna ni le spectateur. Et que dire alors d’Edouard Baer, qui joue ce mari désemparé suite au changement d’attitude de sa femme ? Complètement dépassé, l’acteur a complètement bâclé son rôle et cela en devient dépitant. Il nous donne la véritable impression de ne pas s’être investit dans le film. Carton rouge.

Que peut-on alors retenir du film de positif ? En fait, ce sont exactement les éléments qui dépendent totalement du roman qui sont concluants, à savoir le scénario (plutôt original et prenant) et la période historique pas souvent traitée au cinéma (la fin du règne sans partage de Staline). Et c’est cette fusion entre cette terrible réalité et ce scénario imaginaire qui fera d’Une exécution ordinaire un roman réussi. Et certainement pas un film réussi.

Bruno R.

licence Creative Commons 3.0

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*